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  • Jeune artiste vidéaste. Les gens, sur le trottoir, grimacent notre parole intérieure. Des sonorités aigries, qui ne demandent qu'une lueur, sans savoir si ils veulent la toucher ou l'éteindre.

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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 16:47

 

Une adolescente, une famille, un père et une mère, une soeur morte.

Je suis une adolescente.

Mes parents me semblent assez riche, ils possèdent un grand bâtiment en verre, un centre d'affaires peut être, ou notre demeure.

Dans la journée, mes amis viennent et m'offrent un sac pour symboliser le deuil de ma soeur.

Pourquoi ce sac?

J'imagine un autre objet, un autre cadeau qui aurait pu définir ce que je ressentais.

Mais il n'y avait rien.

Elle ne pouvait pas être parti, comme ça.

Mes parents ne s'en remettaient pas.

Moi je pensais aux walkmans, à la musique, aux choses adolescentes.

 

Mes parents ont engagé une femme qui possède un don pour ressusciter les morts, entre autre ma soeur.

Je suis dans la voiture à la place du copilote.

J'ouvre et je pousse la boîte a gants avec mes chaussures.

Pendant ce temps là, la femme arrive et procède à ses rites devant le pare-choque.

J'ai du mal à visualiser cette scène.

Mes parents me hurlent dessus et me reprochent ma nonchalance.

Puis cette femme et l'impression de voir le corps de ma soeur contre la voiture, tassé dans le moteur.

Un accident d'un je ne sais pas, je ne comprends pas.

La femme essaie de la ramener.

Je sens les soubresauts du corps de ma soeur, sa respiration suffocante, ses membres décharnés.

Elle essaie de revenir, de revenir et d'assembler les morceaux de sa chair, de retrouver un souffle, de démarrer un coeur, de grincer des dents, d'aspirer la salive et d'hurler la fureur de vivre.

Mais cette fois-ci, elle n'y arrivera pas.

La femme nous demande plus de temps.

Nous quittons la voiture, les heures passent et se dépassent jusqu'à la nuit

 

Mes parents ne sont pas là cette nuit, comme de nombreuses nuits, ce qui ne m'empêche pas d'avoir cette peur qui me hante, toujours.

Je visualise un enfant dans son berceau se retrouvant seul, dans le noir, au milieu d'une pièce effrayante de 10m2.

C'est un peu la même image sauf que je suis une grande personne perdue dans le noir au centre d'une immense tour de verre.

Le verre, cette matière aseptisée qui me pourrit de l'intérieur, trop lisse, trop tranchante.

 

Je remarque l'arroseur du jardin en route, ils ont oublié de l'éteindre et les pièces commencent à s'inonder.

Des dizaines d'employés de mes parents repoussent l'eau à grands coups de balais.

Je n'aime pas les possibles catastrophes aquatiques.

Il faut que je trouve un moyen rapide de couper l'eau.

Le système est compliqué, il y a des tableaux de bords verrouillés, pleins de prises et de boutons de

toutes les couleurs.

Il faut faire vite.

Je demande alors à un ouvrier, qui passe par ici, de m'aider.

C'est un gros macho suintant le bleu de travail et la rouille.

Il m'explique que je dois essuyer tous les tuyaux des sorties d'eau de la propriété afin que le jet s'arrête, mais n'étant qu'une fille, je ne dois pas savoir procéder à ces choses là.

Je lui ris au nez en lui déblatérant quelques mots grinçants et je m'adonne à la tâche.

Je méprise cet homme qui n'apporta à sa force virile que stupidité.

 

Je rentre enfin chez moi, dans ma chambre.

Je ne peux pas la décrire, elle n'a pas de surface, pas de forme, pas de contenance.

Il y a moi, une table, un téléphone et une liste de livres, une dizaine.

Le téléphone sonne, la femme.

Cet appel me semble effrayant, j'ai toujours peur d'un dénouement.

Raccrocher.

 

 

La femme a tout compris.

Elle parle avec ma soeur, c'est définitivement cette nuit que tout se passera.

Il faut que je lui avoue quelque chose.

Ma soeur lui confie l'existence d' un objet, un livre.

Un livre qui nous a traumatisé et c'est à moi de le nommer pour la libérer.

Je regarde la liste, le lien entre le téléphone et la liste.

Je me surprends à lui répondre immédiatement et avant d'élucider quoique ce soit en dehors de la prononciation de ce roman de gare, je me rappelle le vomi, la gerbe, de cette souffrance qui s'échappe soudain, de ma soeur morte et de mon réveil...

Par gaelle-pertot - Publié dans : textes
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 14:53

 

 

Cette vidéo est issue d'une collaboration avec le groupe de rock SAP où j'ai réalisé le clip vidéo de leur morçeau "In a muddle".

Je les remercie donc et je remercie aussi la talentueuse comédienne Addéli Sales qui figure sur le clip.

 

SAP: http://www.myspace.com/sapaspas

Par gaelle-pertot - Publié dans : vidéos
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 14:46

 ( J'ai interprété ce texte en compagnie d'un musicien, Olivier Galinou, lors d'un concert organisé par l'association Mange Le Chat à l'Amadeus song, le 17 mars 2010.

Une vidéo de cet évènement sera bientôt présente sur le blog.)

 

 

 

Une maison qui n'est pas la mienne.

Il y a une famille qui y habite déjà, je me cache, mais je ne comprend pas pourquoi nous sommes plusieurs à habiter ici.

Je ne suis pas sensée être ici, je ne suis sensée exister.

Ils se préparent pour un départ en vacances, un père, une mère et leur fils.

Je décide de pousser la porte d'entrée et de m'enfuir.

Quelques pas plus tard, j'entends le père qui descend l'escalier, je retourne à la porte et je ferme à clés.

Je pars en courant de leur jardin pendant que la famille crie, enfermée.


Soudain, un flash, je me rends compte que je ne suis qu'un fantôme.

J'aperçois des gens au loin, assis à la terrasse de leur maison.

Un décor de Louisiane, des femmes posées sur une balancelle blanche.

Je me rue sur ce petit groupe de personnes et j'étire mon corps de tout son long.

J'allonge mes mains afin de les entourer comme un orage et je prends la posture d'un fantôme effrayant.

« Dans cette condition de vie la meilleure arme est d'exploiter le mythe. »

Je veux savoir si ces personnes peuvent me voir.

Une dame me regarde, d'un air calme, en m'expliquant qu'elle me voit mais les autres non.

La discussion n'ira pas plus loin.


Je ne sais pas exactement ce qui se passe entre tout cela mais je me souviens d'un vieux train, entouré de bouts de ferrailles rouillées.

C'est un parc d'attraction.

Il y a mes amies d'enfance et des japonais.

Tour à tour, nous devons monter dans le petit train et sentir la fierté s'emparer de nous pendant que les japonais nous coursent avec leur appareil photo.


L'arrivée se passe dans un désert, j'ai très chaud et ce n'est pas du tout agréable.

On me dit que je suis au Maroc.

Il y a un chantier car je remarque des milliers d'ouvriers aux bras pendants, ventres bedonnants déambulant comme des zombies sur le sable.

Qu'étais-je venue faire au Maroc?

Par gaelle-pertot - Publié dans : textes
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 01:14

3-performances--53-.jpg

  Cette performance, si elle doit être décrite, peut être décrite comme un rituel à chaque objet, chaque geste significatif aboutissent à une fin.

On observe deux dispositifs:

- un dispositif vidéo avec un jeu de mise en abyme sur le mur qui semble devenir un tunnel d'images superposées.

- un dispositif scénique, coupé par un chemin de lumière au sol.

 

Au départ de ce chemin, on peut voir un livre et des oeufs posés sur une cape ecossaire.

La performance début par mon entrée, une photo de moi enfant accrochée au torse.

Je me positionne devant une webcam et mon image se reflète à l'écran.

j'essaie de me maquiller comme sur la photo puis je me dirige vers la cape.

Je prends les oeufs, je les place le long du chemin  et je feuillette le livre en écoutant une musique.

La musique stoppe, je me prépare, je prends une bougie, j'enfile ma cape, je tiens le livre et quand le silence survient, je franchis le chemin d'oeufs en répétant la phrase: " Le mot Temps brisa sa bogue", une citation du livre Mrs Dalloway de Virginia Woolf.

Je casse chaque oeuf de mon talon, je répète la phrase à chaque craquement.

J'arrive au bout du tunnel, il ne reste derrière moi qu'un chemin de bave jaune, parsemé de coquilles, j'éteins la bougie.

 

La performance est un médium que j'utilise peu, cette intervention est donc une très bonne expérience et m'a permis d'élargir mon champ vidéo.

Par gaelle-pertot
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 00:59

 

Pourquoi ce rythme incessant,

Ce rythme qui n’en finit jamais

De vous enrouler dans cette arithmétique contournée,

Ce son qui sonne faux,

Ce silence qui n’existe pas,

Ce gouffre qui vous ravale,

Ce ricochet qui ne cogne,

Qui ne cogne désormais plus que comme,

Comme dans un noyau,

Le noyau de cette immensité vide,

Ce bruit façonné qui toque,

Qui toque,

Qui toque comme un rythme,

Un rythme incessant,

 

Il y recueille les poèmes des vers terreux,

Des lucioles qui voguent et cognent le silence,

Du noyau de cette Terre.

Il y repose ses théories sur ce qui n’existe pas,

Pour ne pas entendre le bruit de ce qui existe.

Il tourbillonne dans votre tourbillon de chiffres impalpables

Et vous soumet votre rythme

Infini.

Par gaelle-pertot - Publié dans : textes
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